Domitille et Angélique Brion de Sœur, les créatrices à connaître

 

Entre sœurs, il y a forcément une grande et une petite.

 

Chez Sœur, on s’occupe plutôt de la grande, celle qui se veut femme, celle qui l’est même, car la maman y trouve également son bonheur.

 

Bienvenue dans une maison où le style est une affaire de famille.

 

 

 

 

Leur CV Mode

 

PROFESSION : Co-fondatrices de Sœur

STYLE : Authentique et naturel

MARQUES FAVORITES : Christophe Lemaire, Isabel Marant, Vanessa Seward

UNE MATIERE FETICHE : Le coton

UNE PHRASE : La jeune fille est aussi une jeune femme.

UN LIEU DE PREDILECTION : L’Ile d’Yeu

UNE SOURCE D’INSPIRATION : L’Inde

 

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Comment est née la marque Sœur ?

 

Domitille, la grande sœur : « Nous sommes deux sœurs. C’est important de le dire. Le mot « Sœur » n’est pas là par hasard. La nôtre est une histoire de deux sœurs qui avaient tout simplement envie de créer quelque chose ensemble et de sortir des sociétés où elles étaient. L’une venait du milieu de la mode et l’autre du marketing.

 

Je m’occupais des collections chez Bonpoint, puis chez Bonton. A l’époque, ma fille avait douze ans et celle d’Angélique en avait dix. Bien que toujours jeunes filles, on voyait qu’elles avaient une forte envie de rentrer dans le monde de l’adulte, de devenir des femmes. Cette observation était en quelque sorte la genèse de la marque :

 

« la jeune fille est aussi une jeune femme. »

 

On a appelé la marque Sœur parce qu’au tout début, on n’arrivait pas à trouver un nom. Comme on nous appelait sans cesse « les sœurs », à un moment on s’est dit « pourquoi pas Sœur » ? Après avoir adopté le nom, nous nous sommes rendues compte que c’était très logique car Sœur, ça veut aussi dire la famille, la fratrie, la petite, la grande…

 

« Nous étions contentes de pouvoir enfin nous occuper de la grande sœur. »

 

Pour la petite il y a plein de marques, mais pour la grande, il n’y a rien. »

 

 

Angélique, la petite sœur : « Nous voulions surtout rentrer dans un univers trans-générationnel, nous couper de l’enfant et nous concentrer sur les femmes en devenir. Notre cœur de cible, c’est le 36 / 38. Aujourd’hui nous habillons les jeunes filles, certes, mais aussi leurs mères, leurs tantes, leurs marraines… »

 

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La marque est née en quelle année ?

 

La marque a été créée en 2007 et la première boutique a vu le jour à Paris en 2008.

 

Il faut dire que malgré nos débuts assez forts sur le marché des jeunes filles, très vite nous nous sommes rendues compte que la femme aussi était intéressée par le vêtement, sans doute parce qu’on faisait des collections qui nous correspondaient aussi. Notre mode, c’est les basiques revisités, les vêtements authentiques qui ont vocation à être pérennes. Il s’avère qu’on arrive à faire aussi envie aux gens qui suivent la mode. Mais en tout cas, les matières, les formes et la qualité doivent tenir sur le long terme.

 

 

La pérennité c’est possible quand la jeune fille d’aujourd’hui cherche plutôt le renouvellement en permanence, la fameuse « fast fashion » ?

 

Angélique : « Avant tout, la jeune fille a besoin de faire sa propre garde-robe. Ici elles viennent souvent seules ou avec les copines. C’est après qu’elles vont chercher leurs mères ! Elles additionnent les pièces Sœur à des pièces « jetables » qu’elles retrouvent chez H&M. Et cette habitude, elle est parfaitement pérenne ! Nos filles ont 20 ans aujourd’hui et elles continuent à mixer du Sœur avec du H&M comme elles l’ont toujours fait. »

 

Domitille : « Je dirais aussi que malgré la course à la nouveauté, elles peuvent avoir envie d’une expérience différente, d’un conseil avisé. C’est pour cela que nous avons toujours fait en sorte d’avoir une vendeuse de l’âge d’une grande sœur ou d’une grande cousine. »

 

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Tout ça est donc très réfléchi ?

 

Oui ! Notre envie était avant tout de créer une marque avec un vrai univers, une vraie ambiance. Un endroit où l’on peut se retrouver, où la mère peut se faire plaisir et la fille aussi. Elles viennent ensemble pour le plaisir partagé. Et si le concept a tout de suite trouvé son public, c’est sûrement aussi parce que les mères ne savaient absolument pas où aller avec leurs filles. Nous avons proposé une solution à un vrai problème !

 

L’ambiance de la boutique est très importante, car elle pose les prémices de l’univers. On existe grâce à ses boutiques. On a décidé de les créer avec une très forte identité, comme si c’était notre maison. On a envie de s’y sentir bien et on sait qu’il y a des éléments de déco qui comptent dans l’expérience shopping. Il faut avoir envie de rester dans une boutique, de s’asseoir sur un canapé lorsque sa fille fait ses essayages par exemple.

 

 

Pourquoi les murs noirs dans chaque boutique ?

 

Domitille : « L’histoire des murs noirs est liée à ma fille. Ayant une mère qui sortait de chez Bonton et Bonpoint, comme vous pouvez l’imaginer, elle avait une chambre impeccablement blanche ! Un jour elle m’annonce vouloir repeindre sa chambre. J’ai dit oui et lui ai demandé dans quelle couleur et elle me répond « Noir. » Noir. Ça, c’est l’adolescence dans toute sa splendeur ! Nous avons tempéré un peu car les murs des boutiques sont en bleu marine. Plus précisément c’est le Black-Blue de Farrow & Ball ! »

 

 

Quand vous créez, vous pensez à qui ?

 

A nos filles forcément, même si aujourd’hui elles ont 20 ans. Nous sommes entourées d’une équipe très jeune, ce qui fait que nous sommes dans la réalité du marché. Et puisqu’on se tourne de plus en plus vers la femme, on pense également à ce dont nous avons envie.

 

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Inès de La Fressange a beaucoup aidé à faire passer le message que la femme pouvait venir s’habiller chez Sœur. C’est votre ambassadrice ?

 

Inès est cliente tout simplement, à la fois pour elle et pour ses filles.

 

« Elle s’habille en Chanel pour venir chez Sœur, puis va au défilé Chanel habillée en Sœur ! »

 

On peut parfaitement aller au défilé Chanel en Sœur, comme ça on peut filer faire ses courses tout de suite après. C’est vraiment ça l’idée ! On est dans le quotidien, dans le côté naturel. Sœur c’est vraiment un style, un état d’esprit.

 

 

Ça donne quoi d’entreprendre entre sœurs ?

 

Domitille : « Ça aussi c’est naturel. On ne fait pas du tout la même chose, on ne marche point sur les plates-bandes de l’autre. »

 

Angélique : « C’est important qu’il y ait une grande sœur, un moteur, deux personnalités différentes avec chacune sa spécialité. »

 

 

Quelles sont les marques que vous affectionnez particulièrement ?

 

Après un certain âge, ce qui nous intéresse vraiment c’est d’avoir des vêtements d’une excellente qualité. Christophe Lemaire nous fait rêver pour la simplicité et la qualité de ses collections. On aime aussi Isabel Marant, Forte Forte, Laurence Bras (Doligé) et Vanessa Seward.

 

 

Est-ce qu’il y a des marques avec lesquelles vous aimeriez collaborer ?

 

Les collaborations font parties de l’évolution naturelle de la marque. Comme pour nous la qualité et le savoir-faire sont primordiaux, nous ne souhaitons pas nous mettre à faire des choses que nous ne savons pas faire. Une collaboration est la meilleure manière de réaliser des pièces de grande qualité qui sont en dehors de nos compétences directes. Pour réaliser des tennis par exemple, nous avons collaboré avec Springcourt, pour les doudounes, avec Pyrenex et pour les maillots, Bronzette. Dans les mois à venir nous allons lancer une collaboration géniale mais là, nous ne pouvons malheureusement pas en dire plus…

 

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Vous fabriquez vos collections où aujourd’hui ?

 

Une grosse majorité de la collection est fabriquée en Inde pour les tissus. Le voile de coton, les broderies… tout ça est essentiel pour nous. On est très coton. En plus c’est un pays qui nous inspire beaucoup. Les indiens ont une sensibilité que nous apprécions.

 

Pour le jean, on fabrique en Tunisie. Pour les t-shirts et les sweatshirts, c’est le Portugal. Les pulls sont fabriqués à l’Ile Maurice dans une toute petite usine où ils ne se servent que des machines à main. Chaque pays a son savoir-faire et l’essentiel est de respecter cette répartition naturelle.

 

 

Quand vous ne travaillez pas, où peut-on vous croiser ?

 

Le problème, c’est qu’on bosse beaucoup… Et quand on ne bosse pas, on part. L’île d’Yeu est notre échappatoire, c’est le lieu où nous nous ressourçons. Nous y avons chacune une maison.

 

Sinon à Paris nous sommes souvent à L’Entrecôte de la rue Saint Benoit. C’est un peu notre repère familial avec l’avantage d’être tout près de la boutique de la rue Bonaparte. Rive gauche, on est aussi souvent au Bon Marché. Comme on n’a pas beaucoup de temps, c’est génial ! Il y a plein de marques, on peut se faire les ongles, prendre le goûter. Maison Plisson près de la boutique du boulevard Beaumarchais est très bien aussi. Enfin, le weekend on va aux Puces, pour chiner et pour manger chez Ma Cocotte. On chine énormément, à la fois pour le bureau et pour les boutiques. Les Puces sont une grande source d’inspiration et un lieu de retrouvailles familiales le dimanche.

 

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