Interview Veja : Sébastien Kopp, co-fondateur

Cela fait onze ans que Veja, la marque de baskets équitables, celle qui joint développement économique, environnemental et social, existe.

 

250 mille paires de baskets vendues en 2016 par cette maison franco-brésilienne fondée par deux autodidactes de la mode, Ghislain Morillion et Sébastien Kopp.

 

Aujourd’hui pour La Brand Boutique, ce dernier revient sur les premiers pas de l’aventure. 

 

 

Son CV Mo(n)de

 

PROFESSION : Co-fondateur de la marque de baskets Veja

 

STYLE : Equitable

 

UNE DEVISE : Agir

 

PIECES FETICHES : Une paire de baskets Veja

 

UNE REGLE :

Avoir un impact économique, social et environnemental meilleur

 

UNE SOURCE D’INSPIRATION : Agnès B

 

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Vous êtes deux fondateurs derrière la marque. Racontez-nous l’histoire de votre rencontre :

 

Avec Ghislain nous nous connaissons depuis l’âge de 15 ans. Notre rencontre date du lycée où nous sommes devenus inséparables, comme deux frères.

 

 

Quelle a été la génèse de la marque ?

 

A la fin de nos études d’économie, nous nous dirigions tous les deux vers une carrière en banque d’investissement. C’était en 2002, le développement durable n’était pas encore un concept répandu mais nous avons décidé de tourner le dos au monde de la finance pour poursuivre un projet dans ce domaine naissant.

 

Nous avons développé une grande expertise sur le terrain en étudiant les rapports entre les ONG et les grandes entreprises françaises. Une rencontre décisive avec Tristan Lecompte, le fondateur d’Alter Eco, nous a poussé à poursuivre notre chemin vers une conception intégrale du commerce équitable, qui lie le développement économique, environnemental et social.

 

Réinventer les produits d’aujourd’hui, dans le design mais aussi dans la façon de faire, est devenue notre préoccupation centrale.

 

Pour ce faire, il fallait remonter les chaines de production et redescendre chaque étape en y ajoutant une plus-value environnementale et sociale. Concrètement, nous cherchions à minimiser le rôle des intermédiaires et à travailler en direct avec les producteurs pour pouvoir leur offrir un prix plus élevé avec lequel ils pourraient vivre dignement et améliorer leur exploitation.

 

En pratique, qu’est-ce que cela veut dire ? Pour faire la basket que l’on envisageait – une basket très simple en toile, la semelle basse, qui puisse être portée par tout le monde, homme, femme et enfant – il fallait du coton pour la toile et du caoutchouc pour la semelle. Au Brésil, nous avons trouvé les producteurs ainsi qu’un coopératif pour tisser le coton et un autre pour assembler les baskets. Il nous a fallu huit mois pour recréer les filières de production jusqu’aux matières premières.

 

Veja matières

 

Comment avez-vous vendues ces premières baskets ?

 

Nous avons proposé ce premier modèle lors du salon Who’s Next à Paris en 2004. On avait 26 ans et un projet très solide mais on ne connaissait rien à la mode. Les grands magasins français ont tous passé commande, Le Bon Marché, La Samaritaine… Veja a démarré très vite grâce à ça, mais on était très limité en terme de production. Nous n’avions que deux tonnes de coton bio pour fabriquer les premières quatre mille paires que nous avons vendues très vite.

 

 

Quelle taille d’entreprise est devenue Veja aujourd’hui ?

 

D’une aventure, c’est devenu une entreprise qui a grandi de façon stable et solide. Cela fait onze ans que Veja existe et nous avons produit 250 mille paires de baskets en 2016.

 

 

Est-ce vous diriez aujourd’hui que vous êtes dans la mode ou le commerce équitable ?

 

On est dans le monde.

 

On est à la fois dans l’écologie, dans la mode et dans le design et c’est cette combinaison qui nous plait.

 

Veja Bresil

 

Au début vous avez senti que les acheteurs étaient attirés par le modèle ou l’histoire ?

 

Le modèle. Ils nous prenaient un peu pour des fous, il faut le dire ! Ils ne comprenaient pas très bien mais ils nous trouvaient intéressants. Ce qu’on racontait était un discours nouveau qui mettait en perspective pas mal de choses. En plus c’était nous, pas une grosse entreprise. À l’époque, c’était rare de rencontrer les entrepreneurs derrière un projet.

 

 

Vous êtes complètement autodidacte ?

 

Oui 

 

 

D’où vient le nom ?

 

Le nom signifie « regarde » en portugais. On voulait inciter le client à regarder derrière les produits.

 

 

Est-ce qu’il y a un modèle d’entreprise qui vous a inspiré lors de la création de la marque ?

 

Agnès B. Comme nous, elle ne fait pas de publicité. Nos baskets valent six à sept fois plus chères que les baskets normales. Ne pas faire la publicité nous permet de les vendre à un prix plus accessible. On a choisi de faire parler de nous en innovant écologiquement et sociologiquement.

 

Veja bureaux

 

Vous dites sur votre site que VEJA n’est pas une marque parfaite ; expliquez-nous pourquoi vous dites cela ?

 

Cela veut dire qu’il y a plein de choses qui sont compliqués à faire, que nul n’est parfait. On trouve que montrer ses failles c’est super important car en les dévoilant, on se pousse à aller plus loin.

 

 

Si vous deviez produire un nouvel accessoire, que serait-t-il ?

 

Nous avons créé une collection de sacs et de portefeuilles mais nous avons décidé d’arrêter car ça nous déconcentrait, même si on continue à nous les réclamer…

Je dirais surtout que nous avons réussi à sortir du mono-produit pour créer plusieurs modèles. Bien sûr, il y a toujours une patte un peu retro, un peu design et assez minimaliste à laquelle on reconnaît la basket Veja. Mais aujourd’hui on joue davantage avec les matières et les couleurs. Chercher des matières écologiques qui soient différentes est un vrai défi. Aujourd’hui on travaille la soie du Brésil par exemple. C’est assez difficile de faire des baskets en soie mais on y est arrivé ! On travaille aussi un tissu fabriqué de bouteilles en plastique recyclées mélangé à de la laine.

 

 

De quoi pourrait être fait le futur de la marque ?

 

Continuer à grandir et à faire ce qui nous plait.

 

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